"Être parent, un métier qui s'apprend"

par Pierre Bovo, psychothérapeute


La concentration et la mémoire chez l'enfant

Bonjour chers internautes... Je voudrais aujourd'hui attirer votre attention sur l'importance de la concentration et sur son lien avec la réussite scolaire.



L'importance de la concentration.

Il est bien évident que la concentration, l'écoute, l'attention sont indispensables dans notre vie, que ce soit à l'école, au travail ou partout ailleurs... Si je ne suis pas au moins un peu attentif à ce que raconte le professeur, je ne pourrai tout simplement pas comprendre et réussir car je ne saurai même pas ce qu'il a dit!...

Et non seulement l'attention est-elle nécessaire à la réussite de la vie scolaire ou professionnelle mais encore, elle est même nécessaire à la vie tout court. En effet, si je n'étais pas du tout attentif, je ne survivrais pas longtemps... C'est évident quand on y pense. Au volant, je serais assez dangereux, merci!... En marchant, je trébucherais et me blesserais vite fait... Je m'assoirais à côté de ma chaise et je me piquerais les joues à coup de fourchette; je traverserais la rue sans regarder; je ne ferais pas attention dans les escaliers...

Comme on le voit, la vie est parsemée d'embûches et mon attention est absolument requise pour faire face à toutes ces situations que je rencontrerai comme être vivant (et facilement mortel)...

Et, pour jeter un large regard sur l'Humanité et sa place dans l'évolution, on peut faire l'hypothèse que l'évolution de la vie va vers le développement d'une plus grande conscience, cette dernière étant un atout majeur pour assurer l'adaptation et la survie des individus et de l'espèce...

Mais pour revenir concrètement à notre sujet, nous concevons aisément que la concentration est essentielle pour comprendre la matière scolaire. La concentration est également essentielle à une bonne mémorisation (si je suis distrait et que je n'écoute pas, de quoi me souviendrai-je?...). Développer les capacités de concentration équivaudra donc aussi à développer la mémoire.

Nos prochains entretiens porteront sur le thème du développement de la concentration.

 

Développer la concentration grâce aux

"sprints de concentration".

Il m'arrive fréquemment, au cours de mon travail avec les jeunes, de voir chez eux le comportement suivant face à leur travail scolaire: ils manquent de concentration, travaillent donc au ralenti, comme s'ils avaient le pied sur le frein, et prennent un temps fou à effectuer un travail qui pourrait ne leur prendre que peu de temps s'ils étaient concentrés et actifs.

Nous verrons ici comment les aider à prendre l'habitude de travailler de façon plus concentrée et donc de façon plus efficace, plus productive et plus rapide.

L'habitude de travailler avec concentration...

Comme nous le savons, une habitude d'action se développe avec la répétition de cette action. Et comme toute autre habitude, l'habitude de travailler avec concentration et efficacité se développera aussi avec la pratique et la répétition progressives de cette manière de travailler.

Mais comment amener notre enfant à prendre cette habitude si, justement, il ne travaille jamais avec concentration?

Voici la méthode que je vous propose: les courts sprints de travail avec concentration.

De quoi s'agit-il? Il s'agit d'une période de très courte durée (1 ou 2 minutes ou moins au début) pendant laquelle mon enfant travaillera de façon aussi concentrée que possible, activement, en évitant de penser à autre chose, de jouer ou de rêver, de faire autre chose, de lever la tête, de regarder ailleurs, etc.

Après ce court temps, il s'arrêtera une minute pour souffler un peu puis il reprendra un autre sprint. Et ainsi de suite. A mesure qu'il développera sa nouvelle habitude de travailler avec concentration, la durée du sprint pourra progressivement augmenter.

Ce qui est intéressant, c'est que 10 fois 2 minutes égalent 20 minutes de travail concentré. Étant donné que la durée du sprint est si courte, le jeune pourra s'astreindre plus facilement à cette tâche car il ne se découragera pas autant devant une minute ou deux de sprint qu'il ne le ferait si on lui proposait 20 minutes de travail soutenu...

En procédant de la sorte, d'abord il expédiera rapidement ses travaux du soir même, ce qui est très payant pour lui (en temps de loisir et en paix intérieur). Deuxièmement, il appréciera la satisfaction et le sentiment d'accomplissement personnel que procurent la concentration et le travail fini. Troisièmement, il prendra l'habitude de travailler avec concentration. Et quatrièmement, plus il adoptera cette attitude, plus il deviendra concentré et efficace non seulement à la maison et à l'école mais aussi dans ses autres secteurs d'activité.

Et il est étonnant de constater comment cette habitude s'acquiert aisément...

Comme vous le voyez, le procédé est fort simple mais j'ai pu constater son efficacité pour l'avoir expérimenté à maintes reprises.

Voir les avantages...

Maintenant, n'oublions pas qu'il vaut mieux que le jeune soit bien conscient des bénéfices que lui apportera cette pratique, c'est-à-dire entre autre: une plus grande efficacité personnelle pour le même temps de travail, plus de satisfaction, plus de loisirs, de meilleures notes, des parents plus "coopératifs", etc.

Une autre notion importante à lui communiquer est qu'une fois qu'il aura acquis cette habitude, il n'aura plus à se forcer pour travailler avec concentration, ce sera "intégré, naturel et non forçant", comme il est naturel et non forçant de marcher à telle ou telle allure, une fois qu'on a pris l'habitude de marcher à ce régime... S'il a à se forcer, ce sera surtout au début. Après, une fois la nouvelle habitude prise, cela sera plus aisé.

De plus, il est habituellement préférable que l'exercice soit aussi agréable et amusant que possible pour augmenter plaisir et motivation. On gagnera donc à transformer l'exercice en jeu.

La grille avantages-inconvénients.

L'enfant pourrait même gagner un petit quelque chose à ce jeu des sprints de concentration, par exemple quelques sous pour chaque sprint ou un privilège après tant de sprints "bien faits"...

Il est possible que vous ne soyez pas d'accord avec cette idée de privilèges ou d'argent "gagné en échange" de son travail scolaire... C'est un point de vue que je rencontre souvent et nous aurons l'occasion d'en reparler plus en détail. Mais à ce sujet, je vous parlerai ici brièvement du fonctionnement de l'être humain.

Nous cherchons le meilleur rapport qualité-prix…

Aussi surprenant que cela puisse paraître au départ, nous agissons toujours pour une "paye", qui que nous soyons et quoi que nous fassions...

L'être humain, comme les autres espèces vivantes, semble avoir comme objectif de vie la survie et le bien-être, via une adaptation efficace au monde et à soi-même.

Pour arriver à cet objectif de "bonheur", chacun d'entre nous évalue tout ce qu'il perçoit selon la grille avantages-inconvénients, en se posant constamment la question: "Cela est-il bon ou mauvais pour moi?"

Puis, en fonction de la conclusion actuelle de cette analyse extrêmement rapide et complexe, chacun agit encore une fois selon la grille avantages-inconvénients, en se posant consciemment et inconsciemment la question: "Quelle action m'apportera le plus de bien-être personnel?"

Nous sommes donc tous et toujours à la recherche de notre avantage! Dans ce sens les humains sont profondément égoïstes, et ceci même quand ils donnent aux autres... Car s'ils donnent, c'est bien que c'est ce qu'ils préfèrent faire. Personne ne les force, seulement leur désir d'être heureux et l'idée que cette action leur apportera plus de satisfaction, au bout du compte, que les autres actions possibles...

Comme nous, les enfants aussi sont intéressés à leurs avantages. Et nous pourrons utiliser ce "désir de bénéfices" en faisant arriver des bénéfices précisément après des actions scolaires efficaces. C'est tout simple, comme un salaire ou un bonus accordé pour un travail efficace...

Pourquoi ne pas utiliser aussi ce moyen, quand il est utile et approprié, avec notre enfant? D'autant plus que si celui-ci apprend, par exemple, à travailler avec concentration et à faire ses devoirs avec application, cette habitude sera intégrée par lui et qu'il la possèdera plus tard, même si les renforcements extérieurs sont disparus. Ce que nous voulons, c'est qu'il travaille raisonnablement et qu'il apprenne... Qu'il le fasse, c'est une grande partie de la chose. Et si un 25 sous peut faciliter cette démarche pour lui et ma tâche d'encadrement pour moi, pourquoi pas?

Il demeure qu'il est quand même central de garder à l'esprit que l'important, l'avantage le plus grand de notre enfant reste quand même son apprentissage comme tel et les bénéfices à long terme qu'il pourra retirer de cet investissement d'efforts académiques.

Ne pas exagérer sur les sprints...

Je voudrais maintenant attirer votre attention sur une situation que je rencontre assez souvent chez les parents qui trouvent que ces sprints sont un bon moyen pour aider leurs enfants: l'exagération bien intentionnée!...

Si vous trouvez bonne l'idée de ces sprints, n'en faites pas faire une indigestion à votre enfant... Si vous insistez trop et trop souvent, il se mettra facilement à résister... Vous pouvez évaluer selon la réponse de l'enfant si l'activité lui paraît utile et agréable. Si c'est le cas, tant mieux mais faites quand même attention de ne pas forcer la dose de sprints...

Gérer les résistances avec la "Méthode du Bol et de la Perle".

Mais si votre enfant résiste, ne forcez pas, soyez réceptif à ce qu'il pense et à son insatisfaction et permettez-vous une pause à tous les deux...

Vous pouvez amener délicatement les avantages à faire ces exercices (c'est-à-dire: devoirs et leçons plus rapides, faciles et agréables; plus de temps libre; cette attitude deviendra naturelle et "non forçante"; meilleure mémoire; satisfaction personnelle; sentiment d'accomplissement et de "liberté"; meilleure réussite; etc.) mais en faisant bien attention de ne pas exiger que votre enfant soit d'accord avec vous...

S'il s'oppose à vos idées, vous pourriez utiliser une stratégie de communication constructive que j'ai nommée la "Méthode du Bol et de la Perle" et que je vous décris brièvement:

1) "Accueillez son bol": ouvrez-vous à son point de vue, acceptez qu'il le pense, prenez le temps de bien le comprendre et reformulez à l'enfant ce que vous comprenez de lui.

2) "Trouvez la perle": validez des éléments constructifs dans ce qu'il exprime, essayez d'y trouver des aspects positifs, tombez d'accord sur certains points pour éviter une position directement antagoniste. Il est essentiel que cette démarche soit authentique.

3) "Videz votre bol": essayez d'apporter des nuances, des informations supplémentaires, de relativiser avec respect le point de vue de votre enfant ou d'aborder la question sous un autre angle...

En effet, je ne crois pas qu'il soit très constructif de se braquer dans notre position et de nous opposer directement et sans ménagement aux points de vue de notre enfant car ceci équivaut souvent pour lui à une marque de mépris et de rejet.

Si l'enfant ne voit toujours pas l'utilité des sprints de concentration, même après que vous ayez discuté et que vous ayez présenté l'exercice comme un jeu facile, amusant et très utile, vous pourrez utiliser d'autres stratégies...

Comme je vous le disais plus haut vous pourriez par exemple lui proposer de payer chaque sprint de concentration exécuté efficacement, le montant variant selon l'âge de l'enfant et les circonstances... Ou encore lui offrir de lui accorder un privilège qu'il désire après tant de sprints, etc...

Encore une fois, l'objectif de cette démarche est de lui fournir des motivations suffisantes (et temporaires) pour qu'il voie l'avantage de faire l'exercice et qu'il en retire les bénéfices. Une fois que l'habitude de la concentration sera prise, les renforcements extérieurs ne seront plus utiles, du moins sur ce point...

 

Mise en place d'un programme d'entraînement: règles de base.

Voici quelques règles de base pour faciliter la mise en application d'un programme d'entraînement, par exemple à la concentration.

1) Rappelez-vous que la motivation, le désir de faire une action vient quand on voit des avantages à faire cette action.

2) Il est important de penser qu'on va être capable de réussir cette action et que cela ne sera pas trop difficile (donc soyons optimistes et encourageants).

3) La motivation est plus probable quand on pense que l'action va être agréable et amusante.

4) Dans l'ensemble, plus les conséquences positives de nos actions sont proches dans le temps, plus elles sont "motivantes".

5) Il vaut mieux faire l'exercice imparfaitement et de temps en temps que de chercher la perfection et de tout laisser tomber! La constance est souhaitable et préférable mais pas absolument nécessaire à l'apprentissage de la concentration.

 

La "Visualisation fantastique",

pour aider mon enfant à développer sa concentration.

Je me permettrai de vous suggérer ici quelques autres exercices-jeux de ma création, à montrer ou à faire avec votre enfant pour l'aider à développer sa capacité de concentration.

Exercice 1.

La "Visualisation fantastique".

Objectif: développer de façon ludique la capacité de concentration par la visualisation intérieure.

Description: Cet exercice dure quelques minutes (possiblement chronométrées) et peut se faire seul ou à plusieurs. Alors que tout le monde a les yeux fermés pour le temps de l'exercice, imaginer et voir aussi clairement et distinctement que possible, tout en les décrivant, des images que l'on invente dans notre tête, ainsi que celles suggérées tour à tour par les autres participants.

Laissez monter et accueillez toutes les images qui surgissent: les possibles, les impossibles, les fantastiques, les épeurantes, les dégoûtantes, les tristes, les drôles, les "idiotes", les "plates", etc., etc.!

Le but visé n'est pas ici de filtrer les images pour en venir à faire une "belle" histoire mais bien de développer la concentration par l'attention soutenue portée à mon imagination, via la visualisation intérieure, et ceci peu importe le contenu de cette imagination... Il est donc primordial de n'évaluer ni soi-même ni le contenu de notre imagination mais plutôt de laisser son flot couler et de développer notre vision intérieure en nous amusant à tout simplement voir ce que nous imaginons à l'intérieur de notre tête...

Une capacité de vision intérieure bien développée est un outil très utile pour réussir à l'école (et dans la vie). Par exemple, l'étude avec visualisation est une excellente façon de rendre ce travail efficace et vraiment agréable...

La Visualisation fantastique, en plus de développer la capacité de vision intérieure et la concentration dans tous les domaines, permet de suivre le flot de ses propres pensées et ainsi d'apprendre à mieux s'écouter et se connaître soi-même. Également, le fait de saisir les mots et les images qui montent spontanément favorise l'assouplissement de la capacité d'expression personnelle. Ceci est très utile pour les compositions françaises ou la simple conversation...

Et en plus de tout cela, cet exercice nous permet de constater que nous ressentons des émotions différentes selon les pensées que nous imaginons et que nous pouvons influencer la nature de nos pensées et donc aussi de nos émotions.

Voyons ce que pourrait donner en pratique un exercice de Visualisation fantastique.

Parent- Une chenille verte de trente mètres de long marche devant la maison.
Enfant- Elle avale une haie de plantes vertes.
P.- Elle se met à grossir, à grossir!...
E.- Et là, elle se met à s'élever dans les airs, comme un ballon. Et nous avons juste le temps de monter sur son dos.
P.- Et nous montons, nous montons... Nous n'avons pas peur du tout et nous regardons la terre tout en bas... Avec des filets d'argent qui sont des rivières et des lacs qui frissonnent...
E.- Il fait beau soleil et nous traversons des nuages tout blancs.
P.- Puis la chenille descend et se pose sur un lac dont l'eau est rose.
E.- L'eau sent la gomme baloune et c'est un lac de gomme baloune!...
P.- La chenille se met à en mâcher et fait une baloune énorme.
E.- La baloune est rose mais elle devient transparente et nous nous glissons dedans.
P.- Et la baloune s'envole avec nous dedans! Nous survolons maintenant notre quartier. Nous voyons notre maison. Mais sur le toit, elle a des cheveux et les fenêtres sont ses yeux et la porte sa bouche...
E.- Elle aussi mâche de la gomme baloune!... Etc., etc.

Bien entendu, une infinité d'autres images auraient été possibles, toutes aussi efficaces, l'important étant de les VOIR...

Autres exercices.

Plusieurs variantes de cet exercice existent, chacune visant des objectifs différents.

Par exemple:

Mentionnons aussi que les jeux de mémoire disponibles sur le marché constituent des activités favorables au développement de la concentration.

 

Encore la motivation...

Comme je vous le mentionne souvent, n'oublions pas que la motivation vient de la vision de notre avantage à faire une action. Et que plus on pense qu'on a la capacité de réussir l'activité et que celle-ci ce sera amusante, plus on désire faire cette action... Essayons donc de montrer les avantages de la concentration et des jeux de visualisations (voir les dernières chroniques), d'être très encourageants et de rendre les exercices amusants.

Et en terminant, j'aimerais souligner que la capacité de concentration repose aussi sur d'autres bases importantes. Par exemple, si l'enfant se dévalorise, s'angoisse ou se culpabilise ou s'il vit des difficultés familiales ou d'adaptation à son groupe, il aura plus de difficulté à se concentrer.

Les exercices proposés ne peuvent qu'aider mais ils ne sont pas non des formules magiques. Si donc votre enfant présente des difficultés de concentration qui persistent malgré vos efforts, il pourra s'avérer utile de consulter un spécialiste pour pousser un peu plus loin la compréhension de ses difficultés et mieux l'aider à y remédier.

 

Aider mon enfant à développer le "réflexe de travailler"!...

Nous verrons maintenant une méthode pour aider nos enfants (et nous-mêmes, pourquoi pas?) à développer ce qu'on pourrait appeler un "réflexe de travailler". Nous verrons comment procéder pour aider nos enfants à prendre l'habitude de faire plus facilement leurs devoirs et leurs leçons le soir, à la maison.

Vous pouvez considérer ce qui suit comme un moyen parmi d'autres pour aider votre ou vos enfants, et non comme le seul moyen. Par exemple, entre autres choses, vous aurez intérêt à stimuler sa motivation. Ceci dit, cet "outil" que je vous présente ici est une méthode qui pourra grandement vous servir pour aider votre enfant à prendre l'habitude de travailler.

Je vous parlerai de "réflexe conditionné". Le phénomène du réflexe conditionné a été mis en lumière par un russe, Pavlov, vers 1900. Il a fait l'expérience suivante: à chaque fois qu'il donnait à manger à son chien, il lui faisait entendre une clochette. Il constata ensuite que lorsque le chien entendait la clochette, même sans voir ni sentir de nourriture, il se mettait à saliver et présentait les mêmes réactions, les mêmes réflexes que lorsque la nourriture se trouvait effectivement devant lui. Pavlov venait de découvrir que l'animal avait associé la nourriture et l'activité de manger à la sonnerie de la clochette, qu'il s'était créé, par simple association, un réflexe (saliver) conditionné par la clochette (qui accompagne habituellement le repas). En quelque sorte, la clochette est devenue un "stimulus déclencheur" du processus de salivation. Saliver est devenu un réflexe conditionné par la clochette.

Voilà pour l'expérience. Tirons maintenant des conclusions pratiques de cette expérience.

En regardant dans notre propre vie, nous pourrons constater que nous pouvons de la même façon associer des stimuli particuliers à certaines de nos actions. Nous observons alors après un certain temps que ces stimuli auront une influence sur notre comportement et que nous aurons tendance à reproduire le même comportement dans ces mêmes circonstances. Agir de cette façon sera devenu un "réflexe" conditionné par ces circonstances. Ce "stimulus déclencheur" favorise et facilite le déclenchement de cette action.

Pour appliquer ces principes à la question des devoirs et des leçons, la démarche apparaît relativement simple. Il s'agira pour l'étudiant de trouver un stimulus et de l'associer systématiquement à son travail scolaire réel. Par exemple, il peut décider d'utiliser son bureau comme stimulus déclencheur et décider de s'asseoir à ce bureau uniquement quand il travaille vraiment. Et insistons gentiment ici, il est primordial, pour que ça fonctionne, que l'étudiant n'y reste pas quand il ne travaille pas, car s'il y restait, ce bureau deviendrait alors un stimulus déclencheur pour ne pas travailler... Logique. (Une variante plus discrète de cette méthode pourrait être qu'il s'assoie directement face à son bureau quand il travaille et simplement qu'il tourne sa chaise de côté quand il ne travaille pas).

Progressivement, en décidant de rester assis uniquement quand il travaille, son réflexe de travailler-et-de-ne-pas-penser-à-autre-chose-quand-il-est-assis-là se développera de lui-même... Il deviendra ainsi plus conscient de son temps travail réel (versus son "temps de chaise" improductif) et débarrassera peu à peu son temps de travail de ces "activités-parasites", devenant ainsi d'autant plus efficace et "expéditif" dans son travail.

Et par ailleurs, son habileté à être ainsi disponible et concentré deviendra de plus en plus grande et de plus en plus facile avec la pratique.

Vous ai-je déjà parlé de motivation?...

En terminant, j'attire à nouveau votre attention sur le point suivant: si vous voulez que votre enfant soit réceptif à vos suggestions, il sera de la première importance de bien lui faire voir ses avantages dans ce que vous lui proposez. Autrement, son intérêt risque d'être très faible, sinon nul. Montrez-lui bien que vous désirez l'aider à faciliter sa tâche et non lui ajouter du travail supplémentaire et inutile...

 

Aider mon enfant à développer une bonne mémoire en classe.

Parlons maintenant du développement de la mémoire chez les enfants et voyons ensemble des idées importantes à leur communiquer ainsi que diverses stratégies pour les aider à développer une bonne mémoire.

D'abord, que mon enfant désire développer une bonne mémoire.

Pour développer ma mémoire, il s'agit de connaître des méthodes efficaces et de les pratiquer. Mais avant de vous montrer ces méthodes, je vous parlerai d'un ingrédient indispensable à l'apprentissage de ces méthodes, c'est-à-dire: la motivation...

Car pour faire l'effort de pratiquer une méthode, il importe que je sois motivé à faire cet effort. Et la motivation à faire une action me viendra quand je verrai les avantages à faire cette action... Et plus j'y vois d'avantages, plus je serai motivé...

Pour aider mon enfant à développer une bonne mémoire, la première chose à faire sera donc de lui montrer les avantages qu'il retirerait d'une mémoire efficace... Ainsi, il sera plus intéressé et ouvert à connaître et à essayer les méthodes pour obtenir une meilleure mémoire. Je lui montrerai ces méthodes dans un second temps.

Voyons quelques uns des avantages que nous apporte une bonne capacité de mémorisation.

Les avantages d'une mémoire efficace...

Une bonne mémoire est un atout inestimable pour bien réussir à l'école et pour même y avoir un certain plaisir, sinon un plaisir certain... et ceci sans trop se forcer, en plus!...

Les avantages que je vous cite pourraient se résumer par ceci: "Plus de profit pour moins de travail..." Autrement dit: "Une bonne mémoire te permet de mieux réussir en travaillant moins!... Ça vaut la peine de la développer..." Génial!

En effet, si je retiens bien,

1) j'étudierai moins longtemps et je me souviendrai mieux;

2) mes devoirs se feront plus vite et plus facilement (puisque je me souviendrai mieux des apprentissages et des méthodes enseignées);

3) j'aurai plus de plaisir à l'école (quand c'est facile, ça devient vraiment plus comique...) et de meilleures relations avec les profs;

4) j'aurai de meilleures notes;

5) j'aurai plus de temps de loisirs (et généralement plus de permissions de la part de mes parents);

6) j'aurai souvent plus de faveurs et de cadeaux de la part de mes parents;

7) je ressentirai plus de satisfaction face à moi et à mon fonctionnement;

8) je profiterai, ailleurs dans ma vie privée et professionnelle, actuellement et plus tard, d'une mémoire efficace...

Mon premier objectif pourrait donc être de sensibiliser mon enfant aux avantages d'une bonne mémoire, de façon à ce qu'il soit motivé à connaître et à essayer les techniques que nous verrons ci-après.

Comment fonctionne la mémoire.

Faisons une comparaison pour bien comprendre les principes de la mémoire. Comparons nos souvenirs à des "super-films" classés dans notre tête.

Ces super-documents contiennent une quantité astronomique de souvenirs, c'est-à-dire d'informations au sujet d'événements passés, intégrés à différents moments. Ces informations ont été intégrées via plusieurs chemins: la vision, l'audition, le toucher, le goûter, l'odorat, les émotions, l'imagination, les pensées, les actions, etc.

Et la "super-caméra" pour tourner ces super-films, c'est notre cerveau et nos cinq sens.

Pour mémoriser, il s'agira de "filmer efficacement" ce que nous voulons retenir. Et "filmer efficacement", cela signifiera: écouter attentivement, nous concentrer.

Et nous concentrer, ce n'est pas une action forçante et pénible, cela veut dire tout simplement: ne penser qu'à une seule chose.

Et ici réside un des secrets de la mémoire efficace: me concentrer attentivement sur le sujet à retenir, en écoutant mes deux oreilles et en fermant ma "troisième oreille"...

Fermer ma troisième oreille?!

Voici une idée centrale, à bien saisir et à bien expliquer à notre enfant..

Comme je l'explique souvent, nous avons deux oreilles à l'extérieur mais nous en avons une troisième à l'intérieur! Et si j'écoute ma troisième oreille (mon imagination, mes pensées, mes rêveries) pendant que le professeur explique la matière, je ne me rappellerai de rien, puisque je n'aurai pas filmé ni enregistré ce qu'il a dit... Et en faisant cela, je ferai automatiquement augmenter la longueur et la difficulté de mon travail à la maison et baisser mes notes... Et augmenter aussi mes difficultés en classe.

Le tuyau de la compréhension...

Car, pour prendre une image, la compréhension pourrait se comparer à un tuyau dans lequel passent des éléments d'information. Quand l'information est passée, cela veut dire qu'elle est comprise et qu'elle permet alors à d'autres informations de passer à leur tour. Mais quand je ne comprends pas bien la matière, celle-ci reste "coincée" dans le tuyau de ma compréhension et empêche le reste de passer...

A bien y regarder, on se rend compte qu'il est plus facile de rester à 80% de moyenne qu'à 60% car dans ce dernier cas, quatre éléments sur dix ne sont pas compris et obstruent le tuyau de ma compréhension. Avec autant d'obstruction, il est certain que la nouvelle matière aura de la difficulté à passer et il est bien sûr que le moindre petit moment d'inattention suffira pour que la matière bloque...

Pourquoi écouter en classe?

En y pensant bien, si j'écoute en classe, ce n'est pas spécialement amusant... Mais si je rêve en classe, ce n'est pas terriblement plaisant non plus... Alors, vu que d'un côté ou de l'autre ce n'est pas terrible, aussi bien prendre ce temps (que je dois passer là, de toute façon!) pour écouter et ainsi faciliter mon travail, faire monter mes notes et avoir plus de plaisir et de loisir. Car l'autre alternative, c'est de perdre ce temps à rêver et ainsi de faire augmenter la difficulté de mon travail, de faire baisser mes notes, et de m'amener des échecs, de la récupération et du déplaisir... Tant qu'à être là, aussi bien travailler à CE moment et être libre après...

Mieux comprendre les enjeux pour changer d'attitude...

Quand mon enfant comprend l'importance primordiale de l'écoute pour bien mémoriser, le "miracle" se produit: il devient beaucoup plus motivé à écouter en classe! Et quand un jeune se met à écouter en classe, ses notes montent facilement de 5 à 10 points (et parfois beaucoup plus!) , sans qu'il travaille une seconde de plus en dehors de la classe.

Il s'agira donc pour lui de systématiquement fermer sa troisième oreille, c'est-à-dire de se rendre disponible et de ne pas penser à autre chose quand il désire se concentrer. Et s'il pense à quelque chose d'important, qu'il l'écrive sur un papier pour s'en libérer l'esprit et qu'il y repense plus tard...

Au début, quand un étudiant se met à développer son écoute, il a souvent à se rappeler de fermer sa troisième oreille. Ceci est normal, étant donné que l'habitude n'est pas encore intégrée. Mais l'habitude se développe avec la pratique et il est opportun de ne pas se décourager et de persévérer car chaque petite pratique d'écoute attentive contribue à développer ma capacité de concentration. Et dans ce domaine, un tout petit progrès a des effets importants sur ma réussite.

L'idéal est-il de toujours écouter avec attention?

Il est utile important de me rappeler qu'il y a des moments où il est plus particulièrement important d'être attentif: par exemple quand le professeur explique de la nouvelle matière.

Comme me le disait mon fils: "C'est souvent au début du cours que mon professeur de math. enseigne la matière nouvelle. A ce moment-là, je me branche sur ses explications... Après, quand j'ai compris, je peux relaxer un peu et même faire mes devoirs pendant qu'il ré-explique à ceux qui n'ont pas écouté..." Un étudiant a donc avantage à se servir de son jugement pour évaluer l'importance relative d'écouter ou non.

La capacité de concentration se développe rapidement avec la pratique. Et si un élève se concentre ainsi pendant un quart de son temps de classe, sur 10 jours, il se sera concentré pendant environ 15 heures!

Cette pratique de l'écoute attentive lui permettra de devenir un "pro" de la concentration et de développer ainsi une mémoire vive et active qui rendra son travail scolaire plus aisé et fructueux.

©Pierre Bovo (Reproduction interdite sans l’autorisation de l’auteur).

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