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Comme nous le savons, labsence dune motivation suffisante explique un grand nombre des échecs de nos jeunes. Ils ont le potentiel pour réussir mais ne sont pas motivés...
Comment expliquer cela et comment y remédier ?
Afin dapporter des solutions à cette situation, il sera de la première importance de ne pas donner foi à une notion extrêmement répandue et tenace. Attention! Vous allez peut-être faire un saut... Mais narrêtez pas votre lecture là, lisez aussi mes explications!... Ce que je veux vous dire de si surprenant, cest que les paresseux nexistent pas. Je mexplique.
Comme je le dis dans un "Proverbe-outil": "Quand on est, on reste." Par exemple, je suis un homme, et je resterai tel jusquà la fin. Si je suis aveugle, je reste aveugle; si je suis sourd, je reste sourd.
Voyons donc si quelquun peut vraiment être paresseux. Par exemple, un jeune me dit quil est paresseux pour faire ses devoirs. Très bien, je lui propose alors .50¢ sil fait ses devoirs ce soir. Il me répond ( bien sûr! ) que ça ne lintéresse pas. Et si je lui propose maintenant 50$ de "salaire" pour le même travail. Ah! Cette fois-ci il est daccord!... (Et si je lui proposais 500$ ? Eh bien, il voudrait même commencer immédiatement et serait assez motivé pour me demander de lui-même de recommencer lexpérience!)
Que sest-il passé ? Est-il raisonnable de croire que tout-à-lheure il était paresseux et que maintenant il ne lest plus? Douteux, nest-ce pas? En effet, car sil était ainsi fait , il le resterait... Par exemple, il est un garçon et même avec un million sur la table, il ne pourrait changer et réellement devenir une fille... "Garçon un jour, garçon toujours!" peut-on dire.
De la même manière sil était paresseux, il le serait toujours, ( même avec un million sur la table!) Et on pourrait dire sans se tromper, "Paresseux un jour, paresseux toujours!"
Heureusement, tel nest pas le cas.
Il est plus réaliste de comprendre quen fait, cest la vision de son avantage qui a fait quil sest alors motivé et quil a désiré faire ses devoirs.
Et il en est toujours ainsi. Cest comme si nous avions dans la tête une petite balance grâce à laquelle nous évaluons chacune des actions que nous pouvons faire, selon les avantages et les inconvénients que cette action nous apportera. Nous mettons dun côté les "plus" et de lautre les " moins".
Et plus laction nous apparaîtra comme suivie davantages, plus nous désirerons la faire, plus nous serons motivés à poser cette action. Par contre, plus laction nous apparaîtra comme suivie dinconvénients, plus nous serons motivés à ne pas la faire.
Il ressort de cette réflexion que nous ne sommes pas "paresseux" ou "courageux"... Nous voyons un avantage à agir ou nous ne le voyons pas tout simplement. Cest ce qui explique notre motivation.
La conclusion que nous pouvons tirer de tout cela, cest que la façon damener nos enfants à se motiver eux-mêmes face à leurs études sera darriver à leur faire voir assez davantages dans leurs études.
La première démarche pourra être de leur expliquer quils ne sont pas paresseux mais plutôt quils ne voient pas davantages suffisants à étudier. De cette façon , les jeunes se sentiront compris et non blâmés. Ils seront donc moins occupés à se défendre et plus prêts à échanger sur les "plus" et les "moins" des études, ce qui est le coeur de la démarche de la motivation.
Voyons maintenant quels sont ces "plus" et ces "moins" autour de lécole. Ainsi que des procédures de communication à employer pour recevoir le ou la jeune et maintenir une communication constructive avec lui ou elle.
Nous venons de voir que personne nest "paresseux" mais plutôt que chacun peut se motiver à agir ou à ne pas agir, selon quil voit des avantages ou des inconvénients à poser telle ou telle action. Donc, si un jeune voit assez davantages à réussir à lécole (si sa "balance intérieure" penche vers les "plus"), il désirera réussir. Et cest finalement la méthode à employer , comme avec tous les humains dailleurs, pour les amener à se motiver eux-mêmes: leur faire voir leurs avantages à agir.
"Mais quels avantages les jeunes peuvent-ils voir à fréquenter lécole?" Me direz-vous....
Discutons de cette question épineuse...
Tout dabord, quand nous parlons des "pour" et des "contre" de lécole avec un jeune, si nous désirons quil soit positif et réceptif face à notre point de vue, il sera essentiel que nous le soyons aussi face au sien ... Il sagira pour nous demployer ce que jai nommé la "Méthode du bol et de la perle". Cest- à-dire de singénier à trouver des "perles", des points qui ont de lallure, du positif, du "valable" dans ce que nous exprimera le jeune.
Nous accueillerons positivement ses points de vue négatifs concernant les études: avec approbation, en prenant soin de tomber daccord avec lui sur certains points et de comprendre et daccepter ses sentiments négatifs le plus souvent possible, tout en restant réaliste. Sil dit que les devoirs sont longs: nous serons daccord là-dessus. Quil ne peut pas beaucoup sortir: encore daccord. Que cest "plate" lécole: en effet cest parfois plate... Que les connaissances acquises parfois ne servent à rien dans la vie: cest bien vrai aussi de temps à autre...
En un mot , si je laccueille et si je sais le comprendre et le valider, je pourrai être accueilli par lui ou elle.
Parallèlement à laccueil de lenfant et à lattention portée à le valider, à trouver des "perles négatives" dans les "contre" des études, dans ce quil dit, je discuterai aussi des "pour" que présentent des études réussies. A ce chapitre, il y a: les amis, les activités para-scolaires, les récréations(!). Cest ce quexpriment les jeunes le plus souvent. Mais à ces points, il sera indiqué de rajouter deux points très importants. Cest-à-dire que les études nous donnent:
Mon expérience auprès des jeunes ma appris que ces deux éléments sont très efficaces pour les motiver.
Cependant, il sagit de bien savoir les discuter et de bien faire ressortir les arguments motivants.
Comme je dis aux étudiants dans les ateliers que janime: "Cest un pensez-y bien... Étant donné que tu travailleras pour environ quarante ans à partir de la fin de tes études, si tu aimes ton travail, la vie sera plus agréable pour toi... Cela ressemblera plus à des "vacances pour la vie" que si tu fais un travail que tu naimes pas et que tu trouves non épanouissant... Il vaut mieux que tu recherches ce qui tintéresse et que tu te diriges de ce côté plutôt que de tout laisser aller ou dabandonner tes études. Si tu vas vers ce qui te plaît, le chemin sera moins difficile...
"Par ailleurs, comme tu veux vivre à laise et confortablement, pense bien à ceci : en quittant les études tôt, tu travailleras à un faible salaire. Et si tu travailles à 7$ l heure, il faudra 10 heures pour faire le salaire que celui qui travaille à 70$ lheure fait en 1 heure!... "Effrayant", nest-ce pas?
"A bien y réfléchir, il vaut mieux investir quelques années defforts maintenant (alors que tu as peu de responsabilités) puis en cueillir les fruits pendant des dizaines dannées après, plutôt que de perdre quelques années maintenant et de trimer dur pour le restant de ta vie...
"Si tu travailles maintenant à lécole , tu auras bientôt de largent... Et du temps pour le dépenser! Car tu pourras travailler de moins longues heures et en même temps bien gagner ta vie. Mais si tu ne travailles pas maintenant, bientôt il te faudra travailler de longues heures pour gagner peu et il ne te restera alors plus de temps libre pour prendre du bon temps et dépenser un peu de ton argent (que de toute façon tu nauras même pas...)
"Et en plus, le temps que tu passeras à lécole sera plus agréable et aussi plus facile si tu apprends à réussir. On fait un plus beau voyage dans un bateau qui nest pas toujours sur le point de couler..." Ce dernier point concerne des avantages plus immédiats que ceux à long terme dont nous avons parlé jusquà présent.
Tels sont donc quelques éléments de réflexion que nous pouvons proposer à nos jeunes pour les aider à se motiver.
Face à lécole: récompenses matérielles ou pas?
Bien que la vision positive et à long terme de lécole soit primordiale et pratiquement nécessaire pour que lenfant reste suffisamment motivé et quil désire poursuivre ses études, il savèrera aussi très approprié demployer des stratégies plus immédiates pour stimuler la motivation de notre jeune face à lécole.
Les stratégies à court terme.
La première stratégie sera sans doute de remarquer et de souligner tout comportement efficace face à lécole. Dès que vous voyez une action efficace, vous pouvez exprimer votre joie et vos sentiments positifs sans attendre que beaucoup de comportements soient efficaces.
En effet, le renforcement positif favorise la répétition des actions renforcées. Et de plus, recevoir un compliment sincère et "mérité" aide lenfant à augmenter le bien-être avec lui-même, la confiance en ses propres capacités et par là favorise son désir daccomplir des actions. De plus, si vous faites des renforcements positifs sincères, votre enfant vous aimera davantage et désirera plus être en votre présence.
Dans lensemble, il sera donc très utile de prendre lhabitude de faire des compliments sincères à vos enfants (et à tout le monde en général), et ce, même sur des points qui nont rien à voir avec lécole.
En plus de ces attitudes chaleureuses et constructives, une seconde stratégie, probablement plus efficace pour stimuler la motivation dun étudiant sera de lui proposer des conséquences plus immédiates suite à ses actions autour de lécole.
Dans ce but, je pourrai observer à quoi sintéresse mon enfant et chercher ce qui pourrait être un stimulant efficace pour son action. Ensuite, je me servirai de ces champs dintérêt pour trouver ce qui pourrait le motiver à agir et jéchangerai avec lui des "conséquences" quil désire, contre des comportements plus efficaces au niveau scolaire.
Un mot au sujet des "récompenses" matérielles, qui seront plutôt présentées en termes de conséquences que lenfant saménage lui-même... Ces dernières seront plus "motivantes" pour létudiant si sa vision de lavantage à long terme des études est claire pour lui. En effet travailler à ses leçons et devoirs deviendra ainsi doublement "payant" représentant des bénéfices à long terme mais aussi à court terme. De plus, si sa vision des études nest pas constructive, il percevra souvent ces démarches de renforcement immédiat comme des manipulations coercitives et refusera de "céder à cette tactique" selon lui négative. Ajoutons enfin que plus ces renforcements seront proches dans le temps, plus ils seront efficaces.
Quelques exemples: il aime le ski; au lieu de lui donner une paire de skis, je pourrais "échanger" chaque heure de travail scolaire à la maison contre une fraction du prix des skis, comme 5$. (On peut penser à la même chose pour une bicyclette, un "skate-board", un vêtement spécial, une sortie, un voyage, un instrument de musique, un cours de théâtre, de karaté, etc...)
Loin de nuire à lintérêt du jeune pour les études, cette technique de "léchange de bons procédés" lui permettra au contraire de se concentrer davantage et avec plus de sérieux et de plaisir sur ses travaux scolaires, dobtenir de meilleurs succès et ainsi favorisera une plus grande motivation et implication à lécole. Ces succès et le plaisir quils lui procurent deviendront des éléments motivants pour lamener à continuer à travailler et remplaceront progressivement les conséquences externes que je mets en place pour favoriser sa motivation.
Personnellement, dans notre famille, mon fils gagne sa "paye" en échange de ses heures de travail scolaire à la maison. Cela lui convient beaucoup (à nous aussi) et ses notes sont excellentes! Et dautre part, cela lui apprend la valeur de largent et lui permet de gérer un budget!
Il marrive souvent de travailler avec des parents et de les aider à mettre en place un tel échange de bons procédés. Car si le principe est très simple, il reste que parfois son application peut se révéler délicate à faire. En effet, comme je le mentionnais plus haut, le ou la jeune peut interpréter cet échange comme de la manipulation et du chantage et alors résister et refuser le marché. Il sagira donc de savoir lui présenter la démarche de telle sorte quil ou elle la voie de façon constructive. Car, comme je le dis poétiquement (!): "Les peuples résistent jusquà la mort aux dictateurs et les enfants feront de même, jen ai bien peur!..."
Limportance de penser réalistement pour "bien fonctionner", à lécole et dans la vie.
En plus de ces stratégies, il va sans dire quil sera de la première importance de permettre à notre jeune de développer un système de pensées réalistes et adaptatives, sources démotions agréables et dactions appropriées. Il sera également très utile quil ou elle séquipe de façons efficaces de sy prendre pour devenir plus efficace et plus performant(e) dans ses devoirs, ses leçons, ses travaux et ses examens. Ces points seront les sujets de prochains articles.
Sur ces mots, je vous laisse en souhaitant que vous saurez tirer parti de ces réflexions pour aider nos jeunes à mieux se préparer un avenir qui leur soit agréable, épanouissant et confortable et à mieux vivre leurs études actuelles qui peuvent être, finalement, un passage de leur vie vécu fort agréablement.
Portez-vous bien et je vous retrouve dans deux semaines.
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